Aller au contenu principal

Analyse à l’intention des dirigeants

Vers une économie favorable à la nature

Se préparer à la guerre, à l’inflation et aux tensions financières

Les décisions concernant la trésorerie, l'approvisionnement, les prix, les clients et les emplois doivent aussi tenir compte des dépendances à la nature.

Participants
2,725
Entreprises et finance
≈ ⅔
Déclaration de Kumamoto
87
Illustration circulaire du capital naturel, des entreprises, de l’investissement et de la régénération
EXECUTIVE SUMMARY

Repères pour les décisions de l’entreprise

01

Gérer les dépendances à la nature pour assurer la continuité d’activité

La guerre, l'inflation et l'instabilité financière peuvent compliquer à la fois l'approvisionnement, la gestion des prix et l'accès aux fonds. Prendre en compte l'état de l'eau, des sols, des forêts, des océans et des matières premières dans les décisions de gestion aide à préserver l'activité et les bénéfices.

02

Les conditions de développement du marché discutées à Kumamoto

Entreprises, institutions financières, gouvernements, organismes de recherche et collectivités ont discuté ensemble de mesure, d'achats, de plans de transition, de financement et de projets territoriaux. La prochaine étape sera d'évaluer la qualité de la mise en œuvre de leurs engagements.

03

Trois priorités d’investissement pour l’exercice 2027

Organisez le portefeuille autour de la continuité d’activité, des options futures et des perspectives de croissance, puis intégrez-le aux achats, aux investissements, à la R&D, à l’assurance et aux investissements territoriaux existants. Définissez à l’avance les conditions de augmentation du financement et d’arrêt.

CHAPTER 01

Ce que les entreprises doivent protéger en période de crise

Les décisions concernant la trésorerie, l'approvisionnement, les prix, les clients et les emplois doivent aussi tenir compte des dépendances à la nature.

Lorsque la guerre ou les tensions géopolitiques s’aggravent, les conseils d’administration donnent la priorité à la trésorerie, aux approvisionnements, aux prix, aux clients et à l’emploi. La continuité d’activité exige des matières premières disponibles, assez d’eau pour les usines, une production agricole, forestière et halieutique durable, ainsi que des sites capables de fonctionner après une catastrophe. Ces conditions dépendent aussi de l’état de l’eau, des sols, des forêts, des océans et des écosystèmes.

Les entreprises qui connaissent mal leur dépendance à la nature sont plus exposées aux pertes en période de crise : hausse des achats, baisse des volumes disponibles, arrêts, assurance plus chère et conditions de financement moins favorables. La direction doit connaître le bénéfice quotidien perdu si une matière essentielle manque, la production perdue sous restriction d’eau, les achats concentrés chez un fournisseur ou dans une région, et l’effet d’une hausse de 10 % des matières premières sur la marge brute.

Trois contraintes : approvisionnement, prix et finance

Les perturbations commerciales, ajoutées à la dégradation des écosystèmes, rendent les approvisionnements moins fiables. La hausse du coût des matières premières, de l’énergie, de la logistique, du travail et de l’assurance pèse sur les bénéfices. Une sélection plus stricte des banques, investisseurs et assureurs complique aussi le financement. Les entreprises disposent de davantage d’options en période de crise lorsqu’elles peuvent expliquer leur dépendance à des sources d’eau ou matières essentielles, les risques et l’avancement des mesures prises.

La Banque mondiale a modélisé un scénario dans lequel l’effondrement de certains services écosystémiques — pollinisation sauvage, pêche marine et bois issu de forêts naturelles — réduirait le PIB mondial en 2030 de 2,7 billions de dollars par an par rapport au scénario de référence. Cette estimation décrit une exposition potentielle à l’échelle de l’économie et ne doit pas être utilisée pour prévoir la perte d’une entreprise.

Les évolutions de la gestion observées à Kumamoto

La Global Nature Positive Summit 2026 a accueilli 2 725 participants. Environ deux tiers des inscriptions provenaient des entreprises et de la finance, notamment de l’assurance, de l’agriculture, de l’énergie, de l’alimentation, de la santé, de la construction et des transports. La liste actuelle de la Déclaration de Kumamoto compte 87 organisations signataires.

Le nombre de participants et de signatures ne permet pas, à lui seul, d’évaluer la restauration de la nature. Lors de ce sommet, entreprises, établissements financiers, gouvernements, organismes de recherche et collectivités ont discuté ensemble de mesure, d’objectifs, de plans de transition, d’achats, de finance et de publication d’informations. L’intérêt tient à la place accordée aux moyens concrets de donner suite au soutien à la conservation.

Voir les schémas du chapitre4

Mettre les projets en pratique

Les quatre premiers schémas examinent les changements observés au sommet de Kumamoto à travers les échanges et la composition des participants.

01

Décider du prochain investissement à partir des résultats mesurés

Mettre les plans en pratique par la mesure et l'allocation du capital

THE SHIFT
Une participation plus large

L’organisateur a annoncé 2 725 participants. Par ailleurs, près des deux tiers des inscriptions provenaient des entreprises et de la finance.

THE INFRASTRUCTURE
Une base commune pour la mesure

Les quatre indicateurs des State of Nature Metrics mesurent l’évolution de la nature, en complément du suivi du nombre et de l’ampleur des activités.

THE VALUATION
Prise en compte dans les décisions financières

Les effets financiers de la dégradation du capital naturel sont évalués et pris en compte dans les décisions et la publication d’informations.

THE COMMITMENT
Adoption de la Déclaration de Kumamoto

La liste actuelle compte 87 organisations signataires : 41 du secteur privé et 46 autres.

THE ARCHITECTURE
Les actions en cours dans les territoires

La gestion s'étend des sites de l'entreprise aux bassins et aux réseaux d'approvisionnement, en tenant compte de leurs relations.

Base des données : liste actuelle des signataires. Certains documents publiés immédiatement après le Sommet indiquaient 85 organisations. Confirmé dans la Déclaration de Kumamoto des organisateurs

La vue d’ensemble porte sur cinq changements : les acteurs qui conduisent le travail, la mesure de la nature, l’utilisation des résultats en finance, les règles communes et le périmètre géographique des actions. Ce schéma d'introduction montre pourquoi il faut revoir ensemble les règles de décision, les systèmes d'information et les responsabilités lors de la préparation des projets.

02

Cinq avancées mises en évidence à Kumamoto

Cinq avancées mises en évidence à GNPS2026

ACTORS
L’évolution des organisations participantes

Le sommet a accueilli 2 725 participants. D’après les données d’inscription, environ deux tiers des inscrits provenaient des entreprises et du secteur financier.

MEASUREMENT
Systèmes de mesure

Des indicateurs communs décrivent l'état de la nature, avec des méthodes de mesure adaptées à chaque usage.

FINANCE
Prise en compte dans les décisions financières

Les informations sur la nature sont prises en compte dans le bilan, les prêts, les investissements et les décisions de gestion.

RULES
Les règles pour agir concrètement

La Déclaration de Kumamoto en vigueur compte 87 organisations signataires et place l’évitement en tête de la hiérarchie d’action.

PLACE
Un périmètre géographique plus large

Les actions concernent les sites de l’entreprise et l’ensemble du bassin versant ou du paysage.

La participation et la répartition des inscriptions reposent sur des comptages différents. Le total de 87 organisations signataires correspond à la liste actuelle. Confirmé dans la Déclaration de Kumamoto des organisateurs

Le schéma répartit le travail à poursuivre après le sommet en cinq domaines : participants, mesure, finance, règles et territoires. Le schéma précise les domaines de travail concernés par les changements présentés dans la figure précédente.

03

Le rôle des entreprises et des établissements financiers dans les actions concrètes

Les chiffres de participation et la répartition des inscriptions montrent la part importante des entreprises et de la finance parmi les participants. Le schéma explique pourquoi les questions de nature concernent désormais l'investissement, les achats, l'assurance et les décisions de gestion, en plus des services spécialisés.

04

Les participants au Sommet

Le schéma présente les participants au sommet : une forte présence des entreprises et de la finance, aux côtés des gouvernements, collectivités, organismes de recherche et de la société civile. Les organisations ont besoin de règles communes pour travailler ensemble. Le chapitre suivant examine ces règles.

CHAPTER 02

Un ordre d'action qui préserve la confiance

L'examen des investissements et les opérations doivent suivre cet ordre : éviter les impacts, réduire ceux qui subsistent, puis restaurer la nature affectée.

La Déclaration de Kumamoto fixe un ordre : éviter d’abord les impacts négatifs sur la nature, réduire ceux qui ne peuvent être évités, puis restaurer et régénérer les écosystèmes dégradés. Le traitement des impacts résiduels exige des garanties fiables. Dépendre de compensations après les dommages peut entraîner des passifs futurs, des interruptions et des risques pour la réputation. Prévenir les dommages lors du choix des sites, de la conception des produits, des achats et de l’approbation des investissements aide à préserver les choix futurs de l’entreprise.

Cette séquence peut servir de grille d’approbation des investissements. Avant d’engager des capitaux, il faut préciser quels impacts peuvent être évités, lesquels peuvent être réduits par une nouvelle conception, ce qui peut être restauré avec les partenaires locaux et comment seront gérés les impacts résiduels.

Communiquer à partir de résultats vérifiés

À mesure que le marché se développe, les affirmations des entreprises exigent des preuves plus solides. Une petite plantation dans un autre lieu ne suffit pas à justifier un bilan positif pour la nature à l’échelle de toute l’entreprise et risque de nuire à sa crédibilité. Le nombre de drones, de satellites, d’outils d’IA, de dispositifs d’ADN environnemental ou de capteurs ne permet pas non plus d’évaluer les résultats. Il faut documenter l’utilisation de ces informations pour revoir les fournisseurs, les équipements, l’usage des terres, la conception des produits et les conditions de financement.

Les signatures, la participation et la publication d’informations doivent être suivies d’actions et d’une évaluation des résultats. Cela vaut aussi pour les 87 organisations signataires. Les bilans des entreprises et des participants comprennent leurs propres appréciations, tandis que les analyses de publications publiques surreprésentent souvent les personnes qui s’expriment activement. Expliquer ces limites et présenter des résultats vérifiés contribue à la confiance des clients, des établissements financiers, des communautés et des salariés.

Un soutien durable aux acteurs locaux

Évaluez les effets d’une intervention sur l’emploi, les revenus, les moyens de subsistance, la culture et l’usage des terres. Concevez des contrats durables et un partage équitable des coûts pour les agriculteurs, forestiers, pêcheurs, organisations locales, collectivités et chercheurs. La continuité des acteurs de terrain protège aussi la base d’approvisionnement à long terme de l’entreprise.

Voir les schémas du chapitre4

Règles communes et ordre d’action

La coopération entre organisations diverses exige des critères communs et un ordre convenu pour traiter les impacts sur la nature.

05

Appliquer la Déclaration au travail quotidien

Le schéma présente les rôles et les relations des fournisseurs de données, des organismes qui définissent les règles, des financeurs et des utilisateurs selon les principes de la Déclaration de Kumamoto. Le schéma aide les organisations à réfléchir au rôle qu’elles peuvent jouer pour mettre en pratique la Déclaration de Kumamoto.

06

Les huit principes et les responsabilités de chaque fonction

Le schéma montre les liens entre huit principes d'action, les normes internationales, les données, la finance et le travail des gouvernements et des entreprises. Les huit principes demandent une coopération entre services, les résultats du travail de chaque équipe servant aux autres.

07

Éviter les impacts sur la nature en premier lieu

Le schéma présente la hiérarchie d’atténuation : éviter d’abord les impacts, puis les réduire, restaurer ou régénérer les écosystèmes, et enfin envisager la compensation des impacts résiduels. Lors de la planification et du choix du site, les options d’évitement sont étudiées avant les mesures de compensation.

08

La hiérarchie d’atténuation dans les décisions de l’entreprise

Les quatre mêmes étapes deviennent une règle de décision pour l’entreprise, plaçant l’évitement en premier et la compensation en dernier recours. Il convient de vérifier si l’examen des investissements, les achats et l’approbation du développement des produits suivent cet ordre de priorité.

CHAPTER 03

Utiliser les résultats de mesure dans les décisions de gestion

L’état de la nature et les effets financiers s’examinent ensemble pour éclairer la prochaine décision d’investissement.

La mesure de la nature passe du comptage des activités à la vérification de l’évolution de son état. Au nombre d’arbres plantés, de formations ou de capteurs s’ajoutent l’étendue et l’état des écosystèmes, le risque d’extinction et les populations d’espèces, la quantité et la qualité de l’eau ainsi que l’état des sols.

Les indicateurs écologiques s’évaluent avec les mesures financières et opérationnelles : eau par unité de produit, rendement matière, variation des prix d’achat, jours d’interruption des approvisionnements, coût du traitement des déchets et part des matières remplaçables par d’autres sources. Ces mesures aident à suivre l’effet des changements de la nature sur les bénéfices et l’activité, et à évaluer si les actions bénéficient à la nature comme à la trésorerie.

Les informations nécessaires aux décisions du conseil d’administration

Les informations doivent être utiles aux décisions. Choisissez les lieux et matières prioritaires, fixez une référence et nommez le décideur. Réunissez état de la nature, exposition de l’activité, coût de réponse et pertes évitables dans une même vue ou note d’investissement.

Les cas de plans de transition pour la nature publiés par la TNFD en 2026 structurent les pratiques autour de cinq thèmes : fondements, stratégie de mise en œuvre, stratégie d’engagement, indicateurs et objectifs, gouvernance. Ces thèmes permettent de vérifier si les résultats des mesures sont pris en compte dans les achats, les investissements, l'assurance, le financement et le développement de produits.

Des indicateurs comparables et des méthodes adaptées localement

Les conditions écologiques et la valeur de la nature varient selon les lieux. Pour comparer territoires et projets, les entreprises et les institutions financières ont besoin d'indicateurs de résultats communs et de méthodes de mesure adaptées à chaque site. Utiliser les mêmes observations pour la gestion, la finance et la publication réduit les coûts tout en conservant les particularités écologiques locales.

Voir les schémas du chapitre4

Partager les données de mesure et communiquer les résultats

Pour revoir les actions, il faut mesurer l’état de la nature en plus du volume d’activités, puis utiliser les mêmes données pour l’évaluation et la publication d’informations.

09

Mesurer les changements de la nature, en plus des activités

Le schéma compare les relevés d’activités aux indicateurs d’évolution de la nature : étendue et état des écosystèmes, risque d’extinction et populations d’espèces. Le point de départ de la mesure est d’enregistrer séparément « ce qui a été fait » et « comment la nature a changé ».

10

Distinguer l’objet de la mesure et la méthode

Le schéma distingue le résultat, c’est-à-dire l’évolution de la nature, de la procédure de mesure qui définit le périmètre, les indicateurs et la qualité des données. Des indicateurs de résultats communs, associés à des méthodes adaptées à chaque usage, permettent de comparer les lieux tout en tenant compte des conditions locales.

11

Des données cohérentes de la mesure à la publication

Le schéma présente les relations entre données de base, procédures de mesure, indicateurs de l’état de la nature, publication et rapports. Plusieurs cadres peuvent utiliser les mêmes données et dispositifs de mesure. Utiliser les mêmes observations pour la gestion et les rapports réduit le travail de préparation d'un jeu de données distinct pour chaque cadre.

12

Partager les informations entre trois niveaux

Le schéma explique comment partager et utiliser l'information dans trois domaines : données communes, mesure et évaluation, puis publication et rapports. L’essentiel est de permettre un échange fiable des informations entre les trois niveaux, même lorsqu’ils utilisent des cadres différents. Un système universel unique n’est pas nécessaire.

CHAPTER 04

Se préparer à la guerre, à l’inflation et aux tensions financières

Les projets doivent montrer leur contribution à l'activité, aux marges et à l'accès au financement pour justifier leur budget en période de crise.

Guerre et tensions géopolitiques

Lorsque les transports sont perturbés et que les approvisionnements en énergie, engrais, aliments, bois et minéraux deviennent instables, les ressources nationales, les matériaux recyclés, le réemploi et les achats dans plusieurs régions prennent de l'importance. La réutilisation de l'eau et la gestion des bassins réduisent les effets des restrictions. La restauration des sols et l'appui aux fournisseurs aident à maintenir la production agricole. La gestion des forêts, des zones humides et des côtes peut aussi réduire la vulnérabilité aux inondations, aux glissements de terrain et aux submersions.

Une crise grave impose de revoir les priorités des projets. L'eau, les intrants, les terres et les sites logistiques nécessaires à l'activité passent en premier. Viennent ensuite les données, les relations avec les fournisseurs, les accords locaux et les autorisations difficiles à rétablir. Les fonds destinés aux nouveaux produits et services sont alloués sur cette base.

Inflation et protection de la marge

Lorsque les coûts des matières, de l’énergie, de la logistique, du travail et de l’assurance augmentent simultanément, la protection de la marge devient essentielle. Efficacité hydrique, intrants recyclés, valorisation des déchets, moindre intensité matière, productivité des sols, achats locaux et contrats de long terme réduisent l’exposition aux chocs sur les ressources.

L’évaluation d’un investissement doit porter sur les finances et sur la nature. Les économies qui déplacent les pressions vers d’autres lieux peuvent créer de nouveaux passifs ; il faut aussi vérifier si les écosystèmes se sont améliorés. Les projets qui préservent les bénéfices et améliorent les écosystèmes disposent de meilleurs arguments pour conserver leur financement en période d’inflation.

Expliquer les investissements en période de tension financière

En période d’instabilité financière, banques, investisseurs et assureurs deviennent plus sélectifs. Réunir des données sur la nature n’améliore pas automatiquement les conditions de crédit ni les primes d’assurance. Ces données peuvent servir dans les discussions avec les financeurs si l’entreprise sait expliquer, pour chaque site ou matière essentielle, sa dépendance à la nature, les risques, les mesures, les responsables et les progrès réalisés.

Montrer les flux de trésorerie exposés, l’amélioration obtenue cette année et les pertes qu’un capital supplémentaire peut éviter donne aux banques, investisseurs et assureurs une base de dialogue plus claire et aide à préserver des options lorsque le capital se raréfie.

Voir les schémas du chapitre4

Prendre en compte la nature dans la gestion et la finance

Les données mesurées sur la nature peuvent expliquer les risques et éclairer l'évaluation des actifs, l'investissement, le crédit, l'assurance et les décisions de gestion.

13

Des informations sur le capital naturel pour les décisions du directeur financier

Le schéma explique les liens entre dégradation ou restauration du capital naturel et actifs, passifs, capitaux propres et création de valeur. Le schéma identifie les décisions financières concernées par les changements de la nature. Il ne réduit pas sa valeur à un montant monétaire.

14

Inscrire les actions ESG dans la stratégie d’entreprise

Le schéma compare quatre changements : du décompte des activités à l’évolution de la nature, du site à la chaîne de valeur, de la priorité à la compensation à celle de l’évitement, et des coûts de RSE aux actifs et à l’investissement. Le schéma aide à examiner la situation de l’entreprise sous quatre angles et à discuter des pratiques de gestion à revoir en priorité.

15

Utiliser les informations sur la nature dans les décisions financières

Le schéma précise les conditions d’utilisation des informations sur la nature dans les décisions financières en quatre étapes : information, actifs, relations avec les financeurs et résultats. Pour l’évaluation financière, les données doivent être accompagnées d’informations sur le lieu, les relations entre les acteurs et la fiabilité des résultats.

16

Des infrastructures et des assurances au service de la restauration de la nature

Le schéma examine le rapport entre le rôle de la nature comme infrastructure, la réduction des risques, la tarification de l’assurance et l’accès au crédit et à l’investissement. Les pertes évitées et les bénéfices apportés par les écosystèmes offrent une base commune pour évaluer l'investissement public, les capitaux privés et l'assurance.

CHAPTER 05

Travailler avec les fournisseurs et les communautés locales

Protéger la nature dont dépend l’activité nécessite de travailler au-delà des sites de l’entreprise, avec les personnes qui gèrent les régions productrices, les bassins versants et les littoraux.

Le ministère japonais de l’Environnement indique que la perte de capital naturel peut renchérir les achats et rendre les matières plus difficiles à obtenir. Les entreprises peuvent aussi avoir du mal à retracer leur origine ou à comprendre le niveau d’action attendu. Une première étape consiste à choisir les matières et les régions les plus importantes pour l’activité et à en discuter avec les fournisseurs. Des contrats de long terme, des mesures communes et un appui technique peuvent ensuite être envisagés.

Faire porter tous les coûts aux fournisseurs rend le travail plus difficile à poursuivre. Les contrats pluriannuels, les conditions de prix, l’assistance technique et les paiements liés aux résultats peuvent soutenir les personnes et les organisations locales dans la durée, tout en répondant aux objectifs de l’entreprise.

Trois exemples concrets à Kumamoto

La ville de Kumamoto tire des eaux souterraines toute l'eau potable de ses quelque 730 000 habitants. Le lac Ezu abrite environ 600 espèces végétales et animales. Avec sa déclaration « Water Capital City Kumamoto », la ville place la protection des eaux souterraines au cœur de sa gestion et reconnaît leur valeur pour l'économie et le développement urbain. La gestion de l'eau soutient la vie quotidienne, l'implantation des industries, l'activité des entreprises, l'agriculture, le tourisme et l'attractivité de la ville.

Suntory a entrepris à Mashiki de restaurer en zone humide environ 3 000 mètres carrés de rizières abandonnées. Une organisation locale gère la végétation et l’eau, l’entreprise fournit les équipements et prépare les parcelles, tandis que des spécialistes assurent le suivi. Les résultats restent à mesurer. La définition des responsabilités et des méthodes de vérification dès le départ constitue un exemple utile pour d'autres projets.

NYK utilise les navires et routes déjà exploités par le groupe avec des partenaires universitaires pour étudier la répartition des plastiques marins et l’ADN environnemental. Les villes ont leurs systèmes d’eau, les entreprises de boissons leurs relations avec les bassins, et les armateurs leurs navires et routes. Les actifs, les données, les équipes et les relations commerciales existants peuvent servir à observer et restaurer la nature dans le cadre de l'activité courante.

Voir les schémas du chapitre5

Chaînes d’approvisionnement, bassins versants et mers

Les actions concernent aussi les matières premières et régions productrices extérieures à l’entreprise, ainsi que les bassins versants, les littoraux et les mers.

17

Faire évoluer le modèle économique par les achats

La démarche commence par l’identification des dépendances et des impacts dans les régions d’origine des matières premières. Les résultats servent ensuite au dialogue et à la révision des choix de conception avec les acteurs de toute la chaîne de valeur. Le schéma propose de revoir ensemble le choix des matières, la conception des produits et les ventes, en complément du contrôle des critères d’achat.

18

Identifier l’origine des matières premières par la traçabilité et le dialogue

La traçabilité et le dialogue avec les fournisseurs sont deux moyens de connaître les régions d’origine des matières premières au-delà des fournisseurs de premier rang. Il faut d’abord identifier les matières et les lieux présentant les dépendances et les impacts les plus importants sur la nature. Les listes de fournisseurs servent à cette recherche.

19

La conservation à l’échelle des sites, des réseaux et des paysages

Le schéma montre comment les actions s’étendent des sites de l’entreprise à sa chaîne d’approvisionnement, puis à des paysages terrestres et marins plus vastes. Le schéma montre comment la prise en compte des écosystèmes et activités économiques alentour peut aider les projets à conserver leurs résultats et à s’étendre.

20

Comprendre l’ensemble du bassin versant où se trouve le site

Le schéma montre les interactions entre usines et autres sites, forêts en amont, terres agricoles, villes, eaux souterraines et rivières au sein d’un même bassin versant. L'approche associe la gestion de l'utilisation de l'eau à la coopération entre pouvoirs publics, agriculture, institutions financières et organisations locales pour préserver et restaurer la nature.

21

Les relations entre activités terrestres, côtières et marines

Le schéma présente les relations entre la nature, du bassin versant au littoral, et les activités des ports, de la pêche et du transport maritime au sein d’un paysage marin. Un modèle spatial commun permet aux acteurs de l'amont, du littoral et du large de comprendre comment les pressions terrestres affectent le capital naturel marin.

CHAPTER 06

Développement du marché et pérennité de la demande

La coopération entre mesure, achats, finance, technologie et gestion locale peut aider à établir un marché capable de financer durablement la restauration de la nature.

La demande dans ce domaine répond à des difficultés que les entreprises rencontrent déjà : maintenir les approvisionnements, gérer les variations de prix, respecter la réglementation, se financer et parvenir à des accords locaux. Elle concerne la traçabilité, les économies d’eau et sa réutilisation, l’agriculture régénératrice, la gestion des ressources forestières et marines, le suivi par ADN environnemental et satellite, la prévention des catastrophes fondée sur la nature, les matériaux circulaires, la restauration, l’assurance, le crédit et la vérification des résultats.

En 2026, le Forum économique mondial a recensé plus de 50 possibilités d'investissement dans 13 secteurs, dont l’agriculture de précision, la gestion de l’eau industrielle, le ciment durable et le recyclage des batteries. Son estimation pouvant atteindre 10,1 billions de dollars par an de revenus et d’économies d’ici 2030 correspond à l'ensemble de ces possibilités ; la valeur réelle dépendra de la viabilité économique des projets, de la demande, des politiques et de l’exécution. Les possibilités concernent l'alimentation, la construction, l'industrie, l'eau, la finance, les villes et la logistique.

Développer les commandes dont les résultats attendus sont clairement définis

Une session organisée à Kumamoto par le Center for Global Commons de l’Université de Tokyo a identifié plusieurs conditions de développement du marché : une information claire, une offre de qualité, une demande suscitée par l’État et des infrastructures de marché développées conjointement par les secteurs public et privé. À mesure que les outils et les projets sont prêts, trouver des acheteurs disposés à payer pour des résultats de qualité reste un enjeu majeur.

Les grandes entreprises peuvent soutenir le marché par des achats réguliers : intégrer la protection de la nature aux critères d’achat, signer des contrats pluriannuels et s’engager sur des volumes de matériaux recyclés ou durables. Les bénéficiaires de la restauration locale pour l’eau, la prévention des catastrophes, le tourisme ou l’agriculture peuvent partager les coûts, avec des garanties ou des financements liés aux résultats apportés par les institutions financières. Le passage d’un projet pilote à des achats récurrents de plusieurs entreprises contribue au développement du marché.

Appliquer les pratiques de gestion japonaises à l'étranger

Les entreprises japonaises ont une expérience de l’amélioration de la production, de la gestion de la qualité, des relations durables avec les fournisseurs et de la coopération locale. Les réseaux financiers régionaux et les technologies de mesure de la nature sont d’autres atouts. Ces compétences peuvent aider à restaurer la nature tout en maintenant la productivité. Une offre couvrant la technologie, les contrats, le financement et la gestion locale peut aussi constituer un avantage à l’international.

Voir les schémas du chapitre5

Technologies et coopération pour une restauration durable

À partir des éléments précédents, ce chapitre examine comment associer observation, prévision, communication exacte et honnête, coopération locale et financement durable pour poursuivre la restauration.

22

Prévoir et éviter les impacts en amont grâce à la technologie

Les technologies de la nature permettent d’évaluer et de prévoir les évolutions sur de vastes territoires, puis d’ajuster la gestion à partir d’un suivi continu. La technologie peut faciliter la production de rapports et aider à revoir les plans avant qu'ils ne nuisent à la nature.

23

Progrès technologique et communication fiable

Le visuel associe des outils tels que l’IA et l’ADN environnemental à une communication qui explicite les preuves et leurs limites. Même lorsque la mesure est plus rapide, les affirmations doivent rester dans les limites des preuves. La qualité des données et les conclusions qu’elles permettent de tirer doivent être vérifiées ensemble.

24

L'approche de toute la société à Kumamoto

Le schéma montre comment différentes organisations peuvent coopérer à l'échelle d'un territoire comprenant forêts, terres agricoles, eaux souterraines, villes, rivières et littoraux. Dans ce modèle, les entreprises et organisations travaillent ensemble sur le territoire dont elles partagent les ressources naturelles et les infrastructures sociales.

25

Agir à trois niveaux : entreprise, chaîne de valeur et territoire

Le schéma présente les flux de données et de financement à trois niveaux : entreprise et finance, chaînes d’approvisionnement et achats, territoires et écosystèmes. Les systèmes internes, les relations avec les fournisseurs et la coopération locale s’influencent mutuellement et doivent être examinés ensemble.

26

Comment poursuivre la restauration dans la durée

Cette vue d’ensemble présente les contributions de l’activité, de la finance et de la publication d’informations, des territoires et communautés, ainsi que des données et technologies à la restauration de la nature et à la résilience des entreprises. Ce schéma final organise les idées précédentes en un cycle de travail à améliorer au fil du temps. Il aide à repérer les difficultés de partage de l'information ou de coopération entre services.

CHAPTER 07

Préparer le budget de l'exercice 2027

Un même portefeuille d'investissement positif pour la nature peut couvrir la continuité d'activité, les options stratégiques futures et la croissance.

Regrouper tous les projets liés à la nature dans un budget unique peut rendre les priorités moins lisibles. Pour l'exercice 2027, les investissements peuvent être évalués selon trois catégories : continuité d'activité, options stratégiques futures et croissance. Chaque projet trouve ensuite sa place dans les budgets d'achats, d'investissement, de R&D, d'assurance ou d'investissement territorial. Il doit préciser le dirigeant responsable, le lieu, la situation de référence, les indicateurs économiques et écologiques, ainsi que les conditions d'augmentation des fonds ou d'arrêt.

Six questions à trancher par le conseil d’administration

Les six questions suivantes permettent d'évaluer les projets pour le budget de l'exercice 2027.

  1. Quelles dépendances à la nature pourraient fortement perturber la trésorerie de l’entreprise ?
  2. Quelles régions, quels bassins versants, espaces marins et matières premières privilégier ?
  3. Quelle décision de gestion l’investissement de l’exercice 2027 modifiera-t-il ?
  4. Quel responsable opérationnel est chargé des résultats ?
  5. Quels indicateurs utiliser pour évaluer les résultats financiers et écologiques ?
  6. Dans quelles conditions augmenter l’investissement ou arrêter le projet ?

Évaluer les résultats au cours des 12 premiers mois

Au premier trimestre, trois à cinq sources d’eau, matières premières, actifs fonciers ou sites logistiques sont retenus pour leur importance dans le chiffre d’affaires, les bénéfices et les opérations. Le deuxième trimestre est consacré à des essais : efficacité des équipements, accompagnement des fournisseurs, matériaux recyclés, gestion des zones humides ou des forêts, ADN environnemental, données satellitaires ou accords locaux. Au troisième trimestre, les résultats servent à revoir les conditions d’achat, les contrats à long terme, les financements, les assurances et les investissements. Au quatrième, les équipes métiers et financières, les spécialistes des sciences naturelles et les acteurs locaux évaluent les résultats et décident de la hausse du budget pour l’exercice 2028.

Une hausse de l’investissement peut se justifier par une baisse du risque d’interruption, des prix d’achat plus stables ou une moindre consommation d’eau et de matières. D’autres éléments comptent : une information plus complète pour les financeurs, assureurs et autorités, de nouveaux revenus ou marges brutes, des signes d’amélioration écologique et une organisation locale durable. Lorsque les résultats sont insuffisants, il convient de revoir la mesure, les délais, le lieu et le rapport avec l’activité. Si l’hypothèse de départ est trop peu étayée, le projet doit être arrêté et les fonds réaffectés à des projets plus prometteurs.

Préparer l'entreprise aux crises

L'eau et les matières premières restent indispensables en période de guerre, d'inflation ou de turbulences financières. Les usines, l'agriculture, l'utilisation des forêts et des océans et la vie urbaine dépendent du bon fonctionnement des systèmes naturels, quelle que soit la conjoncture économique ou politique.

La capacité d'une entreprise à faire face à une crise dépend de sa préparation : repérer ses dépendances critiques, travailler durablement avec ses fournisseurs et mesurer l'état écologique. L'évaluation des investissements doit tenir compte des résultats financiers et écologiques, ainsi que du partage des bénéfices avec les acteurs locaux. Arrêter les projets peu étayés et réaffecter les fonds à ceux qui disposent de preuves plus solides permet aussi de préserver ses possibilités d'action.

Le budget de l’exercice 2027 peut financer des mesures concrètes, la mesure des résultats, les contrats et le développement commercial, en complément de la recherche et de l’apprentissage. Le travail peut commencer sur un site clé, une matière première, un bassin versant ou une activité, avec des résultats à examiner après 12 mois. Étendre les initiatives qui sécurisent les approvisionnements et les marges peut aussi contribuer au développement de nouveaux marchés au Japon. Chaque entreprise peut s’appuyer sur les échanges de Kumamoto pour choisir ses investissements et leur budget.

Voir les schémas du chapitre2

Les prochaines étapes

La chronologie finale présente la suite des travaux après Kumamoto : développement des indicateurs, CBD COP17 et prochain sommet.

27

Les difficultés pratiques à résoudre d’ici 2030

La chronologie porte sur les difficultés rencontrées dans la réalisation du travail et présente les principales étapes après Kumamoto. Chaque organisation doit préciser la prochaine décision nécessaire pour atteindre ses objectifs, ainsi que son échéance.

28

Les prochaines étapes après le Sommet de Kumamoto

Les travaux sur les indicateurs au second semestre 2026, la CBD COP17 et le sommet de 2027 constituent les jalons postérieurs à Kumamoto. Ces jalons permettent d’établir un rétroplanning des préparatifs de votre organisation.